LOGEMENT NEUF
Les maires ont accordé 15% de permis de construire en plus l'an dernier mais les mises en chantier ne suivent pas et le secteur reste très fragile.

"Maires bâtisseurs, maires battus" aux prochaines élections municipales, comme le dit l'adage. Mais dans le contexte actuel de crise de la construction, les maires n'ont pas rénoncé aux permis de construire l'an dernier.
Le nombre de permis accordés a en effet progressé de 15% en un an, avec 379.222 permis accordés en 2025, selon une première estimation du ministère de la Ville et du Logement publiée vendredi. Une progression par rapport à 2024, où la construction avait atteint un point bas en France. Mais ce niveau reste tout de même presque 9% inférieur à la moyenne des cinq années précédentes, alors que le secteur commence tout juste à entrevoir une sortie de crise, encore fragile.
Les taux d'intérêt ont en effet diminué en début d'année dernière, avant d'amorcer une légère reprise depuis cet été, ce qui a permis de relancer le marché des logements anciens. Or, les transactions dans le neuf restent plus rares, le prix d'achat restant élevé.
Autre indicateur, bien plus palpable, à observer: le nombre de mises en chantier n'a lui que très légèrement progressé, de 5% en 2025, avec 274.611 constructions lancées en France. L'année 2024 avait été un point bas historique. Le niveau de 2025 reste encore 21,3% plus bas que la moyenne observée de 2019 à 2024.
Traduction: on ne peut pas encore tout à fait parler de reprise des chantiers, mais d'une relative progression des lancements, sachant qu'il y a un décalage de plusieurs mois entre l'accord d'un permis de construire et le début des travaux.
Légère reprise en décembre, le collectif comme l'individuel toujours en difficulté
Le ministère souligne que ces données sont provisoires, le taux de collecte des informations étant partiel: seulement 65,7% pour les mises en chantier.
Dans le détail, pour les permis de construire, 132.819 maisons individuelles ont obtenu un permis l'an dernier. Un chiffre toujours très bas, précisément 29,1% en dessous de la moyenne quinquennale. Le logement collectif a, lui, quasiment retrouvé le niveau observé de 2019 à 2024, avec 246.403 logements autorisés.
Le Service des données et études statistiques (SDES) du gouvernement explique ce résultat "par un niveau plus bas des autorisations de logements collectifs ordinaires, tandis que les logements en résidence sont plus hauts que la tendance à moyen terme".
Hors résidences - pour personnes âgées, étudiants, personnes handicapées ou touristes - le nombre de logements en immeuble autorisés est 2,7% en dessous de la moyenne quinquennale. Or, pour le seul mois de décembre, la tendance s'inverse: 32.381 logements ont été autorisés, en hausse de 6,9% par rapport à novembre.
"Malgré ce sursaut de fin d'année, l'activité du second semestre reste moins dynamique que celle du premier, marqué par de fortes progressions (...), après deux années défavorables", commente le ministère de la Ville et du Logement.
La construction neuve est confrontée à une grave crise depuis trois ans du fait de l'augmentation des coûts de construction, de la hausse des taux d'intérêt qui a bloqué les projets d'achat immobilier de nombreux ménages. La fin de mesures de soutien à l'investissement locatif, notamment le dispositif fiscal Pinel, a de plus fait fuir les investisseurs particuliers.